HISTOIRE




 
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Le bharatanatyam (littéralement "jeu théâtral de l'Inde") est l'un des huit styles de danse classique de l'Inde et l'une des formes de danse les plus anciennes, datant de plus de 2000 ans.

L' appellation 'bharatanatyam' est apparue en 1940, dans les ouvrages écrits en tamoul (langue dravidienne du Tamil Nadu , extrême sud de l'Inde). Avant cela, la danse est appelée, adaal, koothu, chinnamelam, dasi attam, sadir, nautch.

L'origine du nom 'bharatanatyam' vient d'un érudit appelé Bharata Muni qui a écrit le Natya Shastra ; la compilation des différents aspects de l'art et de la scène.

Selon la tradition hindoue, la danse est d'origine divine. Brahma, le créateur, révèle le savoir de l'art dramatique au sage Bharata dont le nom a influencé la désignation de cette danse du sud de l'Inde dénommée bharatanatyam.

Le mot 'bharatanatyam' s'écrit de deux manières différentes, en un seul mot ou en deux : 'bharata' puis 'natyam'.
"
Bharata" signifie l'Inde. Il est dit que dans le mot 'bharata', nous retrouvons les syllabes 'bha' pour 'bhava' ou émotions puis 'Ra' pour 'raga' ou mélodie et 'ta' pour 'tala' ou rythme.
"
Natya", la deuxième partie du mot bharatanatyam se traduit par art dramatique ou jeu théâtral. 


Originellement, le bharatanatyam se pratiquait à l'intérieur des temples hindous tamouls (du Tamil Nadu).

Cet art était dansé par les devadasis (servantes des dieux) qui représentaient les sculptures divines des temples. Elles ressentaient l'énergie divine et étaient touchées par la grâce céleste.

Les devadasis dédiaient leur vie à leur Art et aux dieux. Elles étaient rattachées à la divinité du temple dans lequel elles servaient et elles incarnaient l'union divine.

Les devadasis avaient un statut particulier en Inde. Elles étaient les seules femmes à avoir une liberté économique (elles recevaient de l'argent pour leur travail) et sociale (elles pouvaient choisir leur mari d'elle-même).
La dernière devadasi dénommée Kamukkannamaal rattachée au temple de Thanjavur (dit Tanjore).

A partir du XIXème siècle, le mouvement nationaliste en plein essor exige le retour à des valeurs patriarcales.
Le pouvoir de ce mouvement arriva à déprecier les devadasis avec une force telle que leur statut en fût abolit.
Face à la pression du mouvement nationaliste, de très nombreuses devadasis renoncèrent à danser.

Srimati Rukmini Devi fonda l'institut Kalakshetra à Madras afin de reconquérir le titre de noblesse du Bharatanatyam.

Rukmini Devi Arundale, pionnière du renouveau du Bharata-Natyam
Rukmini Devi Arundale (1957).
Rukmni Devi fût pionnière du renouveau du Bharata-Natyam et fonda l'école
de Kalakshetra à Madras dit Chennai (Etat du Tamil Nadu ; Sud de l'Inde).

Rukmini Devi est née en 1904 à Madurai dans une famille de brahmines (la plus haute caste ; classe sociale  de la société indienne). Elle assista pour la première fois à un spectacle de danse indienne en 1932. Elle fut immédiatement séduite par le raffinement et l'élégance de cet art, dont elle ne soupçonnait même pas l'existence.
Elle décidait de se consacrer à l'étude de cet art, en dépit de toutes les difficultés. En effet, la danse était alors réservée aux cérémonies rituelles des temples. Les danseuses devadasis formaient une communauté close.
Certaines devadasis étaient devenues des courtisanes. Il était donc impensable pour une femme "de bonne famille" de se consacrer à cet art.
Rukmini Devi fit des recherches sur la danse dans les anciens textes sacrés et remit à jour les traités portant sur la danse et son langage gestuel rigoureusement codifié. Lorsque  Rukmini Devi donna sa première représentation à Madras, les gens furent surpris de découvrir la beauté de cet art privé de vulgarité.
En 1936, Rukmini Devi, aidée d'éminents maîtres de danse et de musiciens fondèrent la fondation 'Kalakshetra'. Elle souhaitait que Kalakshetra soit un lieu où l'on enseigne les disciples artistiques du Sud de l'Inde et les valeurs spirituelles qui s'y rattachent. Elle composa avec l'aide d'artistes prestigieux plus d'une douzaine de ballets de bharatanatyam (danse dramas). 
Ces ballets puisent leur inspiration dans la mythologie indienne. Encore représentés de nos jours, ces ballets témoignent plus que jamais de son génie artistique. Rukmini Devi s'est éteinte en 1986 à Madras, entourée d'artistes qu'elle avait sauvé de l'oubli et d'une nouvelle génération d'artistes qu'elle avait formé et qui, à son tour, perpétuerait cette tradition artistique.

Balasaraswati de Tanjore, la danseuse, devadasi légendaire du XXème siècle, possédait un don de la théâtralité inégalé. La devadasi Mylapore Gauri Amma lui avait transmise 
l'art du chant en interprétant l'abhinaya (théâtralité), ce que Balasraswati réalisait avec une grande maîtrise. Elle
fut invitée à partir de 1931 au théâtre de "Music Academy" à Chennai (Madras, Sud de l'Inde). Cette invitation témoigne de la reconnaissance de la "high society" de la haute qualité de la danse bharatanatyam.

Ainsi, peu à peu, l'art des devadasis a quitté les portes des temples et s'est transporté dans les théâtres sous la forme d'un spectacle. Mais la dépréciation de cette danse persistait.

Malgré une longue période de dépréciation de la  danse bharatanatyam, le peuple a su retrouver la beauté initiale de cet Art ancestral et le considère aujourd'hui comme l'une des formes artistiques les plus nobles.

Dansé aussi bien par les femmes que par les hommes le bharatanatyam est vue de nos jours comme étant une danse divine depuis son origine jusqu'à maintenant. 
La sophistication du
bharatanatyam à travers 
les siècles nous offre aujourd'hui une danse complexe et raffinée en perpétuel mouvement, ayant conservé son caractère dévotionnel.

L'évolution du bharatanatyam :
A partir du XVIème siècle, sous le règne d'Achyuttapa Nayak, roi de Tanjore, la musique carnatique (musique du Sud de l'Inde) et les chorégraphies du récital traditionnel de la danse bharatanatyam prennent un essor certain. La subtilité des mouvements et le raffinement musical se poursuivent et s'approfondissent auprès des successeurs du roi Achyuttapa Nayak au cours du XVII et XVIIIème siècles.

Au XIXème siècle, les 4 frères de Tanjore marquent une évolution incontestable du bharatanatyam. Erudits en musique et danse, les 4 frères de Tanjore (fils d'un des plus célèbres maîtres de danse de l'époque "Subbaraya Nattuvanar" demeurant à la cour du roi de Tanjore Sarfoji II) ont fait une synthèse des connaissances du bharatanatyam et ont codifié le vocabulaire chorégraphique dont on se sert actuellement. Ils ont reçu l'enseignement des plus grands possèdant ainsi un héritage d'une grande beauté.

Ces quatres frères Pillai de Thanjavur ou Tanjore étaient appelés dans la profession quartet de Tanjore .


Les quatre frères Chinnaiha, Ponnaiah, Sivanandam et Vadivelu ont codifié au 19e siècle la présentation du Bharata Natyam.. Les quatre frères Chinnaiha, Ponnaiah, Sivanandam et Vadivelu ont codifié au 19e siècle la présentation du Bharata Natyam Les quatre frères Chinnaiha, Ponnaiah, Sivanandam et Vadivelu ont codifié au 19e siècle la présentation du Bharata Natyam Les quatre frères Chinnaiha, Ponnaiah, Sivanandam et Vadivelu ont codifié au 19e siècle la présentation du Bharata Natyam
Sri Chinnaiha Sri Ponniah Sri Sivanandan Sri Vadivelu
Tanjore devient ainsi le lieu de

 prédilection du bharatanatyam.

La danseuse Veeratherapillay Jessie reçoit son enseignement auprès de son maître de danse ; Guruji SRI HERAMBANATHAN à Tanjore. Ce maître de danse appartient à la lignée du quartet de Tanjore.

Le quartet de Tanjore met en place le déroulement des pièces d'un récital traditionnel de manière élaborée et précise. 

L'ordre des compositions des chorégraphies du récital traditionnel appelé "margam", toujours respecté et appliqué aujourd'hui, est le suivant :

- Alarippu : pièce qui rend hommage aux dieux et qui présente la beauté esthétique du bharatanatyam sous sa forme technique, dit danse pure. "Alar" signifie sens de la floraison. Les étapes de cette danse sont formées de manière à ce qu'elle s'identifie à un gourgeon en fleur.

- Jatiswaram : danse pure, plus technique que l'Alarippu, constituée de 'swara' dit notes de musique. Le thème Jatiswaram allie la beauté de la mélodie à cette du mouvement.

- Shabdam : introduction à l'abhinaya dit théâtralité. Chant dédié souvent à l'éloge du seigneur Lord Krisna, à l'enfance de Krisna.
Dans ce thème commence les subtiles émotions et délicatesses autour du sens des mots, de la gestuelle et de l'expression.

- Varnam : la pièce la plus élaborée du récital traiditionnel
La technique et l'abhinaya (théâtralité) sont dans cette pièce des plus complexes et raffinées. Performance où le travail, l'endurance, la concentration, l'énergie, la grâce et le talent de l'artiste sont dévoilés.

- Padam : expression du sentiment amoureux.
Danse narrative intériorisée qui contraste avec la virtuosité du Varnam. Au moins deux padams sont dansés dans un récital traditionnel.

- Thillana : Pièce dotée d'une mélodie énergique et dynamique. Cette danse est complexe, sculpturale, vivante et entraînante.

- Mangala : pièce courte constituant une louange adressée à un dieu.

Au cours du déroulement d'un récital traditionnel l'artiste exprime et partage avec le spectateur émotions et profondeur spirituelle.
Le thème du bharatanatyam est le sentiment amoureux, l'amour sublimé et spirituel.

Aujourd'hui, il est communément admis de dire qu'il y a autant de style de bharatanatyam que de maître de danse. Cependant, 3 grands styles découlent du bharatanatyam actuel, le style de Pandanallur, le style de Thiruvalur et celui de Vazhuvur.


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